Les MMORPGs offrent un panel d’infinies possibilités à qui décide d’en parcourir les univers. Qu’il s’agisse des adeptes des bien connus PvE (Player vs Environment : le joueur interagit avec les mécanismes bien rôdés du jeu, en affrontant par exemple des monstres ou bien en réalisant des quêtes) et PvP (Player vs Player : le joueur affronte d’autres joueurs) ou encore de l’exploration voire du crafting (la création d’objets par le joueur, aussi bien de pièces d’armure que de fabrication de potions), tout est soigneusement étudié pour que chaque aventurier trouve botte à son pied.

Et parmi eux se trouvent des joueurs qui, certes sont satisfaits du contenu proposé par les développeurs et en profitent comme tout-un-chacun, mais voient bien d’autres façons de jouir de l’univers qui leur est proposé. Quoi de mieux pour cela que de créer une identité complète à leurs avatars et leur permettre d’avoir une vie bien à eux, avec leurs aventures et leurs relations, par le biais d’interactions avec les personnages d’autres joueurs qui partagent cet état d’esprit, cet amour de l’immersion, cette façon de jouer ? Il s’agit des rôlistes. Et pour en être une depuis bientôt quinze ans, je vais utiliser mon expérience et celles des autres pour tenter de définir les profils type qui constituent cette catégorie bien à part. Souvent incomprise, parfois moquée, cette communauté peut sombrer d’un extrême à l’autre : de l’immaturité la plus totale à la sagesse vénérable. Pour commencer, petit tour d’horizon de trois fervents pratiquants du JdR (Jeu de Rôle : interpréter son avatar dans un environnement fictif) sur World of Warcraft (Alliance)…

alexstrasza-cosplay-wow

Le bandit méchant mais gentil mais surtout charismatique

Personnages de référence : Jack Sparrow, Spike, Mesrine…

La plupart du temps joué par un adolescent ou un jeune adulte dans une tranche d’âge de 14 à 20, ce personnage a, dans sa majorité, un passé complexe qui en fait un homme torturé. Il a certes choisi d’arpenter les sombres chemins du banditisme (que l’on parle de simple larron ou bien de meurtrier infanticide) pour des raisons qui lui sont propres mais, au fond, conserve un grand sens de l’honneur et un cœur tendre à souhait. Un bon gros nounours Miko en somme. Une histoire familiale est souvent à l’origine de l’orientation délinquante du vil gredin qui veille à s’entourer d’acolytes afin de mener ses fripouilleries à bien : un ou deux autres types – moins beaux et moins intéressants que lui – mais surtout, des filles, des filles, des filles. Car oui, le bandit méchant mais gentil mais surtout charismatique est un aimant à personnages féminins et c’est bien pour cela qu’il a tant de succès parmi les pubères.

En ce qui concerne le joueur en lui-même, il s’agira plutôt d’un lycéen avec des résultats scolaires corrects voire, très bons. Le jeu de rôle reste une activité méconnue pour laquelle un minimum de vocabulaire et une bonne orthographe sont recommandés. Cet ado a également souvent des problèmes relationnels sans pour autant parler d’asociabilité. Il peut être réservé dans la vie mais parvient à nouer des liens et des semblants d’amitié virtuelle grâce à son avatar, le contact passant ensuite du personnage à la personne réelle qui est derrière. Il y a aussi celui qui jouit d’une bonne popularité au lycée mais à qui cela ne suffit pas, et qui aime à s’entourer d’un véritable petit harem de groupies virtuelles qui commencent à mouiller leur culotte à nœud dès qu’elles voient que [Le bandit méchant mais gentil mais surtout charismatique] vient de se connecter.

C’est à qui sera la première à lui envoyer un « ❤ » auquel il répondra d’un « ❤ », cet accueil on ne peut plus chaleureux lui laissant l’opportunité de piocher parmi ses admiratrices la chanceuse qui aura l’insigne honneur de jouer avec lui. Ces jeunes chaudasses et les rares amis mâles que cet alpha des bac-à-sable se fait –bien évidemment dotés d’une personnalité moindre comparée à la sienne- admirent tout ce qu’il fait et boivent la moindre de ses paroles, donnant du crédit à toutes les débilités qu’il peut sortir. Il leur chierait un cake qu’ils voudraient tous y goûter. Adepte du RpQ (cyber sex),  ce beau brigand est réputé insatiable alors que la connaissance du joueur qui l’interprète en matière de femmes se limite aux simulations de Tori Black dans ses scènes les plus profondes.

S’agissant des jeunes adultes, j’ai toujours rencontré le même cas de figure : un post-ado ayant interrompu ses études passé le bac (s’il l’a eu) et qui ne sait absolument pas quoi faire de sa vie. Tous les six mois il se motive à s’inscrire à un concours ou à reprendre un semblant de scolarité mais « finalement boarf. »

Cet homme-là a bien souvent un problème avec le sexe opposé : timidité maladive, mauvaises ou trop peu d’expériences, il a du mal à aller vers les filles dans la vie réelle. D’un naturel gentil, il peut cependant se montrer possessif lorsqu’il surprend l’une de ses amies virtuelles trop proche d’un autre joueur. Il s’agit pour lui moins d’un problème d’égo que de peur de l’abandon. Il a cependant de fortes chances de devenir un vieux con aigri et moralisateur.

Qu’ils se rassurent tous autant qu’ils sont, leur alter-ego vaginal existe, et nous allons nous y intéresser tout de suite !

World-of-Warcraft-Cosplay-Blood-Elf-Rogue

La bad-girl à queue-de-cheval et démarche féline

Personnages de référence :  Black Widow, Michonne, ta mère…

Créée par une pré-ado entre 12 et 16 ans, plate comme une queue de castor et dont les parents se sont résignés à prendre des actions chez Biactol, la bad-girl à queue-de-cheval et démarche féline est typiquement LE personnage féminin sur lequel on peut tomber à chaque coin de pixel.

Dotée d’une histoire personnelle tortueuse, faite de parricides et autre fugues pour fuir un environnement familial malsain, ce personnage a la chance d’allier un caractère bien trempé à des courbes qui feraient pâlir d’envie ces braves Kardashiantes. Notons d’ailleurs que l’apparence physique des personnages féminins évolue avec les mentalités : il y a encore quelques années la préférence allait aux personnages minces voire frêles, avec la peau pâle et les cheveux clairs.  Aujourd’hui le principal pôle de JdR côté alliance, Hurlevent, regorge de bombasses à la « peau tannée par le soleil sur laquelle miroitent et dansent des reflets dorés… ». Ces derniers temps d’ailleurs, les brunes sont à l’honneur tandis que les blondes se font rares. Les rousses elles, enregistrent une légère progression du fait de l’originalité de cette pigmentation.

La mode n’étant plus de jouer un personnage tape-à-l’œil dont on se souvient facilement, mais de marquer les esprits par la qualité (somme toute relative) de son jeu, la jeune gourgandine type aura un visage passe-partout cependant souvent agrémenté de beaux yeux verts (la couleur que j’ai le plus retrouvé chez ce genre de personnage ces dernières années). L’étape « description physique » sera d’une importance capitale pour la joueuse qui planchera des heures –ou des jours- dessus, le but n’étant pas d’annoncer tout-de-go qu’il s’agit d’une bombe sexuelle, mais d’utiliser des mots compliqués ainsi que des métaphores bien souvent tordues afin de laisser le lecteur se l’imaginer comme telle. La bad-girl à queue-de-cheval et démarche féline aime la romance, et veille à trouver un mari virtuel qui est en vérité, le fantasme clairement assumé de sa joueuse.

Très portée sur le RpQ, cette dernière s’adonnera à cette pratique des après-midi durant, souvent le mercredi après la philo ou alors le weekend selon le parent qui l’accueille (maman ne laisse pas sa petite fifille faire trop d’ordinateur tandis que papa veut juste qu’elle lui lèche les couilles. Lèche ? Je voulais écrire « lâche » évidemment. Toutes mes confuses !). A l’aide de longues phrases à la ponctuation approximative, cette coquine permettra ainsi à son avatar de s’envoyer en l’air à coup d’orgasmes virtuels, prenant un malin plaisir à détailler toutes les bonnes choses que son personnage fait –évidemment- de façon divine. Eh oui, dans un jeu on risque moins de refiler le tétanos à son mec en lui écorchant la bite avec son appareil dentaire.

Comme dans tous les milieux, la compétition entre filles est féroce. Ces dernières s’affichent pourtant comme les meilleures amies virtuelles du monde, créant d’ailleurs souvent des personnages avec un passé commun, un lien familial. Les sœurs jumelles sont très en vogue ! Bien entendu, ce semblant d’amitié prend fin dès lors que le bandit méchant mais gentil mais surtout charismatique entre dans l’équation, les joueuses finissant régulièrement par entretenir une relation amoureuse virtuelle avec le joueur dudit bandit.

Derrière cet avatar d’une fadeur désespérante se cache souvent, comme dit précédemment, une adolescente. Cette dernière, élevée au sein d’une famille de classe moyenne –voire aisée- vit principalement dans le sud, évitant soigneusement Paris et sa banlieue. Ayant beau s’exhiber sur snapchat entourée de ses 3-4 super bestah, il n’en demeure pas moins qu’on la retrouve sur WoW tous les soirs et week-ends. Dur. Dans une filière L ou S (très rarement SES and so on), la joueuse a des résultats corrects sans qu’ils soient pour autant meilleurs que ceux de son alter-ego pelvien dont nous avons parlé plus haut, le bandit. Le fameux.

Deux choix s’offrent à elle dans l’avenir : décrocher de ses dramas virtuels qui lui assurent un semblant d’action dans sa vie aussi sèche et sans saveur que son millefeuille, ou bien persister, signer, et finir par offrir la planche de surf qui lui sert de corps en échange de cartes pré-payées. Elle réalisera alors que sa vie n’est qu’un infâme et infini torrent de fange dans lequel elle se roulera jusqu’à la fin des temps. Du moins, tant que la boîte de Tylenol sera rangée trop haut pour elle.

13491283133256

Le worgen sous élixir de taille de géant

Personnages de référence :  Wolverine, Jacob, Garou…

Chaque société a sa grosse brute sans cervelle. Parmi la communauté roliste, c’est le worgen sous élixir de taille de géant qui s’y colle. Derrière, se cache bien souvent un adolescent ou un jeune adulte dont la carrure et/ou la personnalité est clairement à l’opposé de celle de son avatar. Relativement frêle ou avec le tempérament d’une vieille serviette hygiénique portée trois jours d’affilée, le joueur a eu une scolarité difficile. Non pas à cause de résultats moyens si ce n’est mauvais, mais plutôt parce qu’ils étaient dans l’incapacité de suivre ses cours de façon correcte. En effet, passer son temps à longer les murs ou à récupérer sa trousse et ses cahiers jetés dans les chiottes fait perdre un temps précieux.

La grosse bêbête ne se soucie pas d’avoir une histoire personnelle développée, tout juste mentionne-t-elle la façon dont elle a été affublée de la malédiction worgenne. Lorsqu’elle connait un tantinet soit peu son sujet, bien sûr. Se contentant de dire qu’il a été mordu à tel âge, tout ce qui importe à ce personnage est d’aller rouler des mécaniques dans les rues, engoncé dans une armure de cuir sombre qui ne fait que renforcer son côté « trop dark dangereux groar » . Il regarde mal les gens et se permet de leur grogner à la gueule dès qu’ils le lui rendent, plaçant le mot « menaçant » à chacune de ses actions.

Mais que serait le worgen sous élixir de taille de géant sans son indispensable accessoire, la désormais has-been mékabécane ?! Evidemment, sans elle, la panoplie serait incomplète. Adepte du jeu dit «dinette», il passe ses soirées à déambuler dans les tavernes et à boire de l’alcool fort tout en draguant des humaines. Il fait d’ailleurs souvent partie d’une bande de voyou, qu’il s’agisse de simples criminels ou bien d’équipage pirate et parle avec un argot approximatif et bien entendu anachronique.

Créant parfois sa propre crew qu’il nomme « meute », entouré d’autres de son espèce, cet alpha pourri sa mère se cantonne donc à des dramas dégueulasses au sein de sa propre famille de glands qui se montent les uns les autres avant de se monter les uns contre les autres. Ses proches ne se privent d’ailleurs pas pour l’affubler de surnoms tout aussi ridicules que son existence, le plus récurrent restant « Loulou ».

Lorsqu’à force de chercher la merde, « Loulou » la trouve, il ne fait pas le fier bien longtemps, ses e-balls ayant la fâcheuse tendance à se ratatiner comme des vieux raisins secs dès lors que l’autre en face ne se laisse pas victimiser sans broncher comme le fait habituellement son joueur.

SON JOUEUR. Parlons-en. Jeune, il s’oriente plus souvent vers une filière professionnelle que de réelles études intellectuelles. Il n’a pas vraiment d’amis en cours, ou bien tout aussi fragiles que lui. Steve Smith et sa bande de ploucs dans American Dad, ça vous parle ? Non ? Je vous /spit.

Majoritairement puceau, il prétend et clame à qui veut l’entendre que les filles, c’est son rayon. Evidemment, face à une nana  -une vraie- il se retrouve incapable de prononcer plus de trois mots sans bégayer, et les ponctuant encore de gloussements nerveux. Habitué à se faire traiter de tocard, il ne relève même plus et tend même la joue pour recevoir ses petites claques humiliantes quotidiennes.

Déchet de l’humanité, il tombera amoureux d’une fille et s’y tiendra une bonne partie de sa vie, la regardant faire la sienne sans lui accorder la moindre once d’importance et d’intérêt. Sait-elle seulement qu’il existe ? Si c’est le cas, elle pensera sûrement que ce monde est mal foutu. Car oui, masturbateur compulsif, ce jeune joueur a ses mot-clefs favoris sur les sites pour adultes tels que « MILF » ou bien encore « double teamed », lorsqu’il ne fantasme pas sur sa mère.

Ce brave garçon trouve dans ces vidéos cochonnes l’inspiration pour ses scènes de RpQ qu’il pratique assidûment, réussissant l’exploit d’arriver à besogner un trou d’humaine avec une grosse stouquette velue de worgen. Madame, les urgences gynéco c’est par ici. Monsieur, la psychiatrie c’est là-bas. Rideau.

 


 

Ces trois profils-type prolifèrent en particulier l’été, bien évidemment lors des vacances scolaires. Je pourrais encore déblatérer longtemps sur les MILF au foyer qui évacuent leur frustration sexuelle en s’adonnant à des scènes SM du matin au soir, aux gros dégueulasses qui veulent te convaincre que jouer un pervers sexuel c’est cool, ou bien encore des nombreux « urinoirs humains » et autres draenei membrées qu’on peut croiser à la sortie des grands axes du JdR. Peut-être même me laisserais-je aller à faire un feuillet sur ces derniers cas clairement pathologiques, c’est à voir. Pour l’heure, je vais aller vomir ce qui me reste de diatribe vindicative à l’égard de ces connards que je suis obligée de me farcir quotidiennement depuis des années maintenant.

Alors on peut me dire, Cutie, tu critiques, tu critiques, mais toi ? Tu joues quoi ?

*Sourire en coin.* Croyez-moi. Vous n’êtes pas prêts.

-Note de Sheshounet: Je pense que Cuti est une pédale de draenei futa à tous les coups…

-Note de Siempregaga: +1

 

10 COMMENTAIRES

  1. Moi je suis celui accroché au /canal911 qui débarque en mode Dinozo dans NCIS, et qui préfère égorger les bandits dans une ruelle plutot que de se farcir un rapport. Si t’es Worgen t’es un animal, pas de collier => abbatage

    Quand je serais chancelier, Hurlevent sera réservé aux humains, de toute facons, personne sait qui je suis ici :ok:

    Ah, et je suis la loi, et la loi c’est moi.

REPONDRE