Les vannes fusent, les images régalent, des rires se font entendre de part et d’autre de la salle… Je distingue sur le visage des enfants des mines réjouies, des yeux pétillants de joie. Sur celui des adultes ? Des sourires satisfaits et des regards remplis d’espoir.

Comme ceci, le bonheur palpable
                                                Comme ceci, le bonheur palpable

Mais malheureusement, tout ça, c’est fini. Car le film commence.

C’est seulement dans cette situation précise, quand les bandes-annonces du début de séance font davantage rire que tout ce qui suit, qu’il est possible de véritablement définir ce qu’est un échec.

Ah, et je ne vais pas tacler le doublage Youtubesque dans cet article car désolé, non, Squeezie est loin d’être un nouveau venu dans la fonction, il a même déjà fait ses preuves, puisqu’il a doublé une mouette dans Bob l’éponge le film. Avec talent.

C’est je pense ce qui a fait pencher la balance au moment de l’analyse des CV, ou peut-être est-ce les 5 millions d’abonnés-spectateurs-potentiels-car-sinon-le-film-va-bider ? Nul ne le sait.

Sur ce, mettons-nous dans l’ambiance avec un fond sonore approprié, et c’est parti.

Nous commençons donc dans le feu de l’action, en plein discours du président Drek, un Blarg dont la beauté n’a d’égale que son imposante protubérance crânienne.

M'voyez ? ça rentre même pas dans le cadre
                        M’voyez ? ça rentre même pas dans le cadre

Son discours étant aussi plaisant à écouter que sa tête à regarder, je ne m’attarderais pas sur les détails. Sachez juste qu’il est méchant et que du coup, il est sur le point d’utiliser son BFG destructeur de mondes, sobrement nommé Déplanétiseur, afin d’aller poutrer la tronche à une vilaine planète inhabitée, Ténémule de son petit nom.

Et pouf, en quelques secondes : Planète détruite. (Ce qui pour le spectateur résulte en fait en plein de petits cailloux en lieu et place d’un seul gros caillou, quel curieux dessein que le passe-temps de Derk, j’espère que l’explication en vaudra la chandelle)

Nous retrouvons maintenant Ratchet, fougueux Lombax mécano, en train de faire quelques pompes devant la télé. Et heureusement pour lui, car un flash spécial présenté par un certain Nikas Aliagos (Vous pouvez bien sûr à votre guise imaginer la salle entière hurler de rire face à ce petit clin d’œil pas piqué des hannetons) qui informe le monde de l’odieux méfait de Drek, et surtout de l’opportunité pour quiconque de rejoindre les Rangers, The Dream Team super forte de cet univers, dirigée par le bon capitaine Qwark.

Bah alors Nikos, on a du mal a payer ses factures ? (c'est drôle parce qu'il est Grec)
                 Bah alors Nikos, on a du mal a payer ses factures ? (c’est drôle parce qu’il est Grec)

Ensuite, un petit vieux vient chercher son vaisseau spatial laissé pour réparations, et on apprend que Ratchet lui a “passé un petit coup de polish” et que le véhicule est maintenant doté d’un magnétiseur surpuissant. “Ça sert à quoi ?” demande le vieux, à juste titre. À priori, à rien. Pour l’instant hein, évidemment que le-dit aimant servira moult fois avant la fin de l’histoire, faudrait pas non plus aller jusqu’à faire quelque chose d’imprévisible qui saurait surprendre le spectateur.

De retour chez le méchant, on apprend que celui-ci est accompagné dans ses sombres pensées d’un méchant bien connu des joueurs : le docteur Néfarious, qui est sommé de construire une armée de robots tueurs afin de latter bien comme il faut la fine équipe vue précédemment.

De son côté, Ratchet tente de rejoindre les Rangers, mais est recalé à cause de son CV de petit délinquant et de ses “Allez !” insupportables. Il rentre donc chez lui, la queue entre les jambes.

De retour chez le méchant (ça valait bien le coup de le quitter), nous voyons la construction de robots avancer tranquillement, jusqu’à ce qu’un chafouin petit éclair vienne mettre le barouf : En résulte un dysfonctionnement général, et la création d’un petit robot, le fameux XJ-0461 B5429671 , que l’on appellera Didier en attendant de trouver mieux.

Celui-ci, alors qu’il se fait pourtant implanter dans la carafe le même logiciel Tuer_Rangers.exe que tous les autres robots se frotte les yeux et ainsi, devient gentil. Il décide donc de partir prévenir le monde du danger imminent et vole un vaisseau, qui va aller tranquillement s’écraser dans le cul d’une vache à 50 mètres du garage de Ratchet.

Qui, bien entendu, va aider le petit robot en détresse car il a un cœur au moins aussi gros que ses grandes oreilles.

 l'animation, on va en parler plus tard, mais regardez donc les yeux de Ratchet
 L’animation, on va en parler, mais regardez bien les yeux de Ratchet : Alcool, LSD ou strabisme divergent ?

Il l’extirpe donc de son vaisseau, Didier se présente et… Ratchet décide de l’appeler Clank. Oui, comme ça, sans raison. (dans le jeu, il est surnommé ainsi car Clank a fait le bruit “Clank” en heurtant le vaisseau de Ratchet, du coup c’est sympa, c’est mignon, c’est même logique). Mais là non, c’est Clank car c’est comme ça.

Du coup non, pas d’accord, pour nous ce sera toujours Didier ♥.

Quoi qu’il en soit, nos deux compères décident d’aller ensemble prévenir les Rangers qu’une attaque de robots est à envisager. Seulement, ils arrivent trop tard et l’attaque bat déjà son plein : Une armée de robots dirigée par Victor, le plus fort des robots, est en train de tataner l’armée de robots des Rangers ! Heureusement, Ratchet & Didier utilisent la technique secrète du procédé scénaristique en mousse et aimantent tout ce beau monde hors de la ville, avant de lâcher tout ce petit monde robotique (300 robots nous informe Didier) dans la mouille du vaisseau-mère. La ville ainsi sauvée, nos deux héros débarquent à terre pour une petite interview des familles.

Mais avant, je reviens rapidement sur l’humour que nous propose ce film : Il est absolument lamentable. C’est bien simple, le film a constamment le cul entre deux chaises et ne sait jamais à qui il doit s’adresser, aux fans ? Aux enfants ?

Nul ne le sait, le film livrant coup sur coup des vannes puériles auxquelles même les enfants sont désormais insensibles, et des références pop culture ratées incompréhensibles par ces mêmes enfants.

Par exemple, durant les combats vus précédemment, j’ai eu le plaisir de voir un troufion tomber, faire le cri de Wilhelm et un autre troufion crier “Wilhelm !” . Quel gosse va comprendre ça ? Et ça vaut pour toutes les références disséminées ça et là, qui embrouillent les gamins plus qu’autre chose.

Bref. S’ensuit donc la fameuse interview, un petit “Allez !” de circonstance, et un message de Didier au monde : “Drek n’en a pas encore fini”.

Dans l’espace, notre désormais célèbre président Drek est un peu bougon, et pour cause : Un renard et un mec qui s’appelle Didier ont saboté son plan si parfait ! Il déclare donc a son sous-fifre Victor : “J’aurais du confier le projet aux frères Bogdanov”.

Hein ?

Je vous laisse imaginer la réaction des enfants après une punchline de cet qualité.

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Nos héros se rendent alors au QG des Rangers pour s’entraîner, Ratchet teste plein d’armes sympathiques qui ne serviront jamais et Didier ne fait rien, il “aide” la demoiselle de la communication que personne n’écoute, qui nous informe que son prédécesseur “est passé du côté obscur”

D’accord très bien.

Ratchet trouve que “c’est trop swag” la célébrité (oui oui), on fait référence deux fois de suite à la célébrité Youtube de celui-ci, parce que pourquoi pas hein, c’est pas comme s’il y avait un certain matériau de base à respecter après tout.

Dans la foulée, les Rangers désormais au nombre de 5 ( Didier ne comptant pas vraiment après tout…) passent en mode infiltration et vont tenter de meuler la tronche des méchants, lesquels répliquent en envoyant les Mr. Zurkon, des petits robots qui vont vous faire regretter de disposer d’outils auditifs. Pourquoi ? C’est facile, et si on faisait en sorte que chacun de ces robots, en attaquant, fasse un jeu de mot avec “Zurkon” ? Les enfants adoreraient non ? “Zèzurkonvatetuer eheheh”  Et imaginez ça 10 fois de suite, en 3 minutes.

Je suis tout de même parvenu à me calmer en mâchant frénétiquement l’accoudoir de mon voisin de droite. Merci d’ailleurs.

Qwark de son côté se fait corrompre par les méchants, car nous sommes ici face à l’archétype du gros musclé un peu concon qui n’accepte pas la nouvelle et impromptue célébrité du jeune Ratchet. En gros, il boude.

Et le reste de la team pose des questions au second de Drek, qui s’est lâchement enfui. Second dont je n’ai pas parlé tant il brille par son insignifiance. Voici d’ailleurs ses deux dernières répliques : “La prochaine attaque sera contre Novalis, une planète habitée…”

Et : “… Les frères Bogdanov ont eu des jumeaux ce matin”

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Et je suis tout de même resté dans la salle, pour vous. Ne l’oubliez pas.

S’ensuivent quelques blagues évidemment ratées, de nouvelles références originales (à Twitter par exemple) et de nouveau un peu d’action : Victor se téléporte dans le vaisseau des Rangers pour déboulonner Didier ! Mais heureusement, celui-ci est plus intelligent que tout le reste du casting réuni et parvient à stopper net son assaillant à l’aide d’un flingue lance-foudre, qui fait rouiller jusqu’à la mort ce bon vieux Victor (dans une pose faisant fortement penser à Terminator.. Bon, cette fois j’en parle car c’est la seule référence qui soit bien placée de tout le film, youpi).

Ratchet de son côté fonce dans le tas tout seul comme un manche et se fait capturer. Il est ensuite envoyé errer dans l’espace avec la sombre obligation de regarder Novalis se faire atomiser (mais ça va car ses 42 millions d’habitants ont TOUS pu s’enfuir. Ouf, j’ai cru pendant 3 secondes que le film allait me faire ressentir quelque chose)

Ratchet erre donc dans le vide intersidéral, puis transition par le noir et… Ratchet est chez lui ?

Quoi ?

Si on me dit que tout ceci n’était qu’un rêve, c’est fini, je mange mon voisin de droite.

Bon, ce n’en était pas un, mais le spectateur lambda peut tout de même cordialement aller se faire voir s’il veut des explications, Ratchet est revenu et puis c’est tout. Après tout, les gosses s’en foutent de la cohérence non ?

Notre bestiole rousse préférée est bien entendue retrouvée par la Dream Team, tandis que Quark est resté chez les méchants, pensant retrouver sa célébrité. (Je ne vois pas vraiment quel est le cheminement logique dont a fait preuve le personnage pour en arriver là, heureusement les scénaristes non plus) Le Docteur Néfarious quand à lui montre qu’il est le plus méchant en transformant en mouton notre turgescent Drek, qui est envoyé sur la planète qu’il était en train de se créer. (Faut suivre hein parce que c’est pas facile : Drek a en réalité gardé une partie de chaque planète détruite et en a combiné les morceaux façon Megazord pour obtenir une super-planète habitable pour lui et ses copains)

Et là, la petite touche d’humour comme on aime : Néfarious étant doublé par le même bonhomme qui fait Cartman dans South Park (Christophe Lemoine), il nous sort oklm un petit “Et comme dirait l’autre, je vous emmerde et je rentre à ma maison” avant de se barrer.

Subtil.

De leur côté, les Rangers mettent au point une stratégie de fou car pour la première fois, ils daignent écouter Mme communication et Didier ! Ratchet devient enfin un brin attachant et ne pense plus qu’à sa tronche, génial !

Oui parce que très franchement jusque là, Ratchet m’a donné l’impression d’être ce mec là :

"Allez ! "
                                                                      “Allez !”

Vous sentez cette bonne odeur ? Mhm, l’odeur de la fin. Car ça y est, la bataille finale commence : Ratchet troque son Eastpack contre le chatoyant Didier qu’il place sur son dos, et tous deux partent raisonner Qwark. Mais celui-ci fait bien entendu la sourde oreille, et un combat sympathique a lieu. Qwark gagne mais est finalement convaincu de renoncer à l’écoute de ces mots ô combien bouleversants : “Tu n’es pas un méchant !”

Et il se dit que ah oui tiens effectivement, je vais plutôt t’aider à tataner Néfarious, ça pourrait être plus utile pour regagner en popularité.

Bien joué Sherlock.

Néfarious débarque donc et alors qu’il est sur le point d’achever tout ce beau monde, un retournement de situation imprévisible se produit : Les Rangers, qui sont à l’extérieur du vaisseau, parviennent à aimanter (deux fois qu’on ne le ressort ce truc quand même, ne serait-ce pas là le fameux set-up pay-off-pay-off ?) le déplanétiseur, qui dévie de sa trajectoire initiale.

Mais le vil docteur parvient malgré la gravité à activer le rayon de l’étoile de la mort, qui rate finalement sa cible et finit par dévier dans l’espace… Avant d’heurter et d’atomiser une petite planète fraîchement crée, celle de Drek.

Et ce dernier, revenu à sa forme originelle (mais est-ce bien mieux ?) meure donc comme une merde.

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                                                  Coïncidence ? Mhhhm.

Ratchet, son sac à dos et Qwark parviennent bien entendu à se téléporter hors de tout danger et atterrissent à bord de leur vaisseau-mère.

Et ils vomissent. Ah l’humour.

Et de nouveau, une horde de journalistes assaille nos héros. Mais malgré la célébrité, Ratchet décide de retourner dans son humble garage de campagne et fait donc ses adieux à Didier.

Mais en fait non ! Didier rejoint notre renard préféré et lui donne un petit conseil de mécano. Ratchet est donc tout content et tous deux marchent sereinement vers de nouvelles aventures.

Et c’est finiiiii… Ah non, l’immanquable scène post-générique déboule et l’on peut y voir Néfarious renaître sous sa forme mieux connue des joueurs : Un robot maléfique. Rire diabolique s’ensuit, et c’est la fin.

l’émerveillement tangible alors que le générique défile enfin.
              L’émerveillement tangible alors que le générique défile enfin.

Eh bien, voilà qui était douloureux. Au moins Hitman était divertissant, à sa façon…

Ici rien, le vide. Le film ne s’arrête jamais, les personnages ne sont jamais posés et tout ce qui pourrait provoquer un soupçon d’affection pour l’un ou un brin de dégoût pour l’autre est immédiatement mis à plat par l’humour périmé qui parcourt le film.

Les vannes sont nulles, les références mal dosées, tout est tout simplement mal calibré. Alors que des films d’animations plus connus proposent de l’humour à la fois visuel et sonore, et surtout pour tout le monde (de l’humour qui ravit les jeunes et dont le double sens amuse les plus grands), ce film là joue la carte du fan-service à outrance, qui ne fonctionne pas non plus puisque le public visé n’est pas correctement défini.

L’animation des visages est sympathique, mais celle des corps est étrange, on a parfois l’impression que la tête a été collée sur le corps, et que les deux ne bougent pas en harmonie.

Bon pas comme ça hein, mais presque
                                             Bon pas comme ça hein, mais presque

Et les décors sont pauvres, si vous avez joué au jeu et grandement apprécié les paysages des différentes planètes, retournez jouer. Car ici vous n’en avez que deux: Un désert et une ville.

Le doublage est… Instable. Parfois, c’est du tout bon, car on retrouve Patrick Poivey, connu pour doubler Bruce Willis, et également Alain Stallone Dorval, de la valeur sûre donc. Et les Youtubers conviés pour faire vendre le film sont parfois bons. Et parfois non, notamment quand l’émotion devrait être présente, ce qui est de toute façon rarement le cas.

Et si vous trouvez que j’ai peu parlé de Clank / Didier, c’est normal, car c’est ici davantage un gadget qu’un personnage. Dans les jeux, Ratchet et lui sont parfois en désaccord, se réconcilient au gré de l’aventure.. Ici, nada. On ne comprend même pas pourquoi ils sont bff à la fin puisque Ratchet joue au con Clank est laissé pour compte durant 90% de l’aventure.

C’est pas comme si la relation entre ces deux personnages était le plus important après tout, et pas non plus comme si il y avait eu 6 scénaristes pour pondre une histoire bien ficelée. 6.

C'est bien beau, et la pléthore d'avis négatifs ?
                                C’est bien beau, et la pléthore d’avis négatifs ?

Autant ne pas y penser, c’est plus facile ainsi.

Merde, je crois que j'ai enfin trouvé quel était le public visé.
                                Damned, je crois que j’ai enfin trouvé quel était le public visé.

Du coup on se fait plaisir, on s’en remet un coup.

 

Bisous boulonnés.

Allez.

14 COMMENTAIRES

    • Tout est sérieux, ça apparait deux fois, au pif du du dialogue… Film pour enfants/20

    • Je m’en vais de ce pas lancer un tipeee pour me motiver à aller voir Angry Birds

    • au début je pensais que s’était une blague mais non il y a bien un film angry birds qui va sortir, prépare toi à des rires d’enfants dans toutes la salle …

    • Figure toi que c’est une des BA vues avant le film, qui a donc fait davantage rire que le film lui-même

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