RetroTest : A Link to the past

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Salut à tous c’est dimanche, et comme chaque dimanche vous êtes assis chez vous derrière votre ordinateur car vous n’avez pas de vie sociale.

Je ne vous cache pas que je me suis creusé la tête pendant des heures afin de trouver un sujet original et intéressant pour cette chronique. C’est alors que m’est venu l’illumination ! Pourquoi chercher à faire quelque chose de bien pour un public incapable de l’apprécier, il suffit de pomper le concept de merde d’un youtubeur connu et d’en faire un copier/coller.

Aussitôt dit, aussitôt fait, j’ai écrit le nom de plusieurs créateurs de contenu à succès sur des bouts de papier, que j’ai ensuite fourré dans un chapeau et en ai pioché un au hasard.

« Joueur du grenier ». Du rétro-gaming, ma foi pourquoi pas. Et puis le concept de sa chaîne est plutôt facile à reproduire : choisir un jeu de merde et en faire une critique dans lequel on souligne tout les aspects négatifs. C’est vrai, pourquoi s’embêter à trouver les défauts de bons jeux alors que là tout est servi sur un plateau d’argent.

Je m’empare donc de mon porte-monnaie Naruto (reçu dans la wootbox au thème « super-héros ») et décide d’aller faire un tour au Troc le plus proche. Cela avec l’espoir d’y trouver un vieux jeu bien merdique et inconnu du public pour moins de 10 euros.

Et là, bingo, dans une vitrine reposent des jeux Super Nintendo tous plus obscurs les uns que les autres. Certains sont même entièrement en japonais apparemment, mais je ne tente pas le diable, je m’apprête déjà à me farcir une daube, autant éviter de le faire dans une langue kikoololesque. Je vois d’un coté un jeu dont la jaquette semble avoir été dessiné par le mec de Dragon Ball. Je préfère ne pas le prendre, vu la qualité médiocre des jeux soutenus par Toriyama (j’en veux pour preuve la saga Dragon Quest, j-rpg ennuyant et long à mourir).

Agacé par ce trop plein de choix, j’en prends un au hasard dont le titre est anglais, file donner 4 euros au vendeur et ressort du magasin, un peu honteux d’avoir ça sous le bras.

Dire que j'aurai pu me payer un sandwich avec cette somme...
Dire que j’aurais pu me payer un sandwich avec cette somme mais que je me retrouve avec cette bouse…

Sur le chemin du retour, je pense à tout ce que j’aurais pû m’acheter avec ces 4 euros et maudit Jeuxvideo.lol de me les avoir fait dépenser.

Sitôt rentré chez moi, je branche ma vieille Super Nintendo (gardée uniquement pour des soirées endiablées de Strip Street Fighter 2 avec mon pote Jean-Luc), souffle un bon coup dans la cartouche et l’insère.

Une musique niaiseuse envahit mon salon, je grimace un bon coup et mute la télévision. Je pense que l’on est d’accord pour affirmer que l’ère de la musique 8-bit est un des moments sombres de l’histoire des jeux-vidéos. Des thèmes répétitifs au possible, tous semblables et affreusement peu mélodieux. Je suis d’ailleurs ravi que leur influence ne se fasse pas ressentir sur les productions actuelles, jouer à Street Fighter IV en écoutant l’OST du 2, aurait été un véritable calvaire…

L’écran titre du jeu apparaît. Aussi moche que la jaquette peut le laisser prévoir : une espèce de vieille animation 3D dégueulasse formant le triangle des illuminatis avant qu’une épée s’y fiche. Mouais me dis-je, peut être que le scénario pourrait être sympa au mois, templier vs illuminatis.

Ignoble...
Ignoble…

Je suis bien vite rattrapé par la réalité, un espèce de résumé bidesque de situation à la Star Wars commence. Une histoire inintéressante d’Heroic-fantasy comme on en a déjà vu 1000 fois. Je ne lis pas et spam le bouton start de la manette afin de vite passer ce moment pénible. Impossible de passer. Putain.

Vue générale de la map, elle m’a l’air grande. Le joueur de Playstation 4 qui est en moi jure, voilà un jeu qui va me prendre du temps à completer pour une fois… Comme si je n’avais que ça à faire. La caméra rentre à l’interieur d’un château et mes yeux commencent à pleurer. Les graphismes sont une abomination. J’ai l’impression de jouer sur une gameboy. Le joueur PC qui est en moi me somme de presser le bouton start pour régler l’aliasing etc. Mais le rien n’y fait, je suis condamné à me taper cette mauvaise cinématique.

Les sprites du jeu sont directement pompés de Pokemon apparemment, vu les déplacement similaires. Sur quel genre de plagiat ai-je mis les mains…

L’histoire est toujours aussi inintéressante, j’en profite donc pour aller pisser.

Quand je reviens on me demande de rentrer un nom. Enfin quelquechose de distrayant. Je tape « GrosPD », rigole tout seul à ma propre plaisanterie et valide.

Je suis donc plongé dans le jeu, mon personnage est un espèce de lutin au cheveux roses. Il semble être entrain de faire la sieste, impossible à dire précisément vu la sale gueule du jeu.

Je rêve d'un monde ou les vieux jeux auraient un scénar original..
Je rêve d’un monde ou les vieux jeux auraient un scénar original..

L’interface du jeu est très brouillone et pixellisée, mais pas moyen de la régler évidemment. Encore et toujours des dialogues que je ne lis pas. Mon papy, que je prennais pour un meuble vu la résolution merdique du jeu, se casse, me laissant seul. Super prétexte pour me laisser déambuler librement, quel scénario prenant… J’ouvre le coffre à contre-coeur récupère une merde et sort de ce qui s’apparente à une maison.

Après un chargement qui me paraît infini vu ce qu’il y a à afficher, je me retrouve dans ce qui semblerait être un monde ouvert. Première bonne nouvelle du jeu. Je déchante vite, tout est vide et plat. Les décors sont moches et répétitifs. Après plusieurs minutes d’énigmes à la con, qu’un enfant de cinq arriverait à résoudre je récupère enfin un plus gros arsenal. Même s’il ne s’agit que d’un vieux bouclier et d’une épée à la con, rien de bien impressionant ou original mais à ce stade là ça n’est plus une surprise.

Je vous épargne tout ce qui se passe ensuite pour arriver à ce qui nous attire vraiment : les combats. Ces derniers sont d’une simplicité enfantine, un bouton pour attaquer, un pour bloquer. Mais malheureusement, la gestion catastrophique des déplacements empêche le joueur de bien pouvoir appréhender l’ennemi et l’environnement. On se retrouve souvent à se prendre un coup alors que l’on tente de bloquer mais nous sommes un peu décalés par rapport à l’angle de la hitbox du bouclier. Bref de la grosse chiasse. Et puis ici, pas de combats tactiques, on se contente de mash le bouton A et de projeter le mec, d’attendre qu’il revienne se jeter sur l’épée. Mais ou sont les animations réalistes de The Witcher 3 ?

Au bout d’une dizaine de minutes qui m’a paru une éternité, je parviens à finir le premier donjon. C’en est trop pour moi, j’arrache furieusement la cartouche à la console, la jette à la poubelle et décide de passer au test afin de ne plus entendre parler de cette merde et de me remettre à jouer à des vrais bons jeux.

Les Notes :

– Graphismes : 04/20

Le jeu est d’une laideur absolument repoussante. Les graphismes en 16-bit sont une torture pour l’œil. L’alternance entre le monde de la lumière et celui des ténèbres tombe dans tout les clichés possible et n’est visuellement pas époustouflant du tout. De plus la perspective en vue du dessus est un choix vidéo ludique tout ce qu’il y a de plus mauvais, cette dernière de permettant pas de ressentir l’immersion que l’on recherche.

– Jouabilité : 05/20

Les donjons, non contents d’être longs à mourir sont en plus extrêmement rébarbatifs. Il faudra s’armer de courage et de patience, que l’on perdra souvent, afin d’en venir à bout sans fondre en larmes. Les combats que j’évoque plus haut sont d’une nullité absolue, se contentant de mash un bouton sans laisser son adversaire s’approcher.

– Durée de jeu : 20/20

Finir cette interminable bouse relève du miracle.

– Bande de son : 01/20

Je ne vous cache pas que votre serviteur a coupé le son de sa télévision dès les premières minutes. Amis mélomanes, passez votre chemin. Ici il n’est question que de bruits électroniques vaguement arrangés en un rythmique insupportable qui vous restera dans la tête des années durant. Vous poussant à boire afin de faire taire les bips résonnants pour l’éternité dans votre tête.

– Scénario : 06/20

Le scénario du jeu est basique. Une princesse bla bla bla. On pourrait lui reprocher son manque d’originalité, mais une chose est plus agaçante encore : cet espèce de mutisme idiot dans lequel est plongé notre personnage. Refusant de lâcher la moindre phrase, il a le don de rendre n’importe quelle situation gênante. En clair c’est une véritable torture que de suivre les aventures ce punk aux cheveux roses, pas charismatique pour un sous et par dessus tout muet comme une carpe (ou juste débile?).

Plus qu’une bouse, A Link to the past est un véritable crachat dans la gueule de tout les jeux-vidéos. Au final, pour 4 euros je m’en sors avec une nausée et l’impression d’avoir renié tout ce en quoi je croyais. La seule satisfaction que j’ai à l’heure ou j’écris ces lignes, c’est que jeu n’est probablement connu que d’une poignée de personnes, amateurs de nanards vidéo ludiques. A link to the past restera donc dans les méandres des jeux-vidéos inconnus dont fort heureusement aucune suite ne verra le jour.

Note globale : 04/20

17 COMMENTS

    • Tu ne saurais pas mieux dire, cette bouse overrated se fera rapidement descendre en flèche dans cette chronique !

  1. Je voudrais savoir si c’est un vrai test ou si il est tourné en dérision pour montrer la médiocrité des autres tests. Non car il m’a fait beaucoup dans sa direction éditoriale qui est vraiment excellente. Ne changer rien !

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